L’Halloween de type communiste est de loin mon préféré.
J'aime la mise en commun obligatoire des bonbons. Aucun écart de richesse entre le parent qui accompagne, l’enfant alité, les plus petits qui ne marchent pas assez longtemps et les grands qui passent jusqu’à très tard. Tous, même les parents, ont un accès illimité aux plats de bonbons et ce, jusqu’à ce que les bénévoles de la guignolée paroissiale sonnent à la porte pour ramasser ce qui reste.
Or, cette année, mes filles réclament un Halloween de type capitaliste. Elles veulent plus de liberté et des réformes, notamment en ce qui concerne le droit de disposer librement de leurs collectes. Dans les autres familles, il est normal, disent-elles, de rechercher le profit et d’accumuler du capital.
"À quoi ça sert de marcher et de travailler plus longtemps que les autres si tout est mis en commun? Il est où l'avantage?"
"Je ne veux plus courir l'Halloween en famille. Je veux y aller avec mes amies qui vont dans les quartiers de riches qui donnent plus de bonbons."
"C'est toujours vous, les parents, qui mangez les meilleurs bonbons pendant qu’on dort! Les adultes ne devraient pas avoir le droit de manger les bonbons des enfants!"
La solidarité imposée est terminée.
Je leur propose donc de laisser de côté l'Halloween familial de type totalitaire pour se tourner vers un Halloween plus coopératif, où l'on se regrouperait librement pour combler notre besoin commun de sucreries. Le partage des excédents se ferait de manière démocratique. Un membre, un vote.
Après tout, qu’arriverait-il au membre de la famille qui tomberait malade le jour de l'Halloween (il y en a toujours un)? Pas de bonbons pour lui? Et les parents, ils paient pour les costumes, accompagnent les plus petits et découpent la citrouille. N’ont-ils pas droit à leur part?
Perspicace, l’aînée rejette l'idée d'une coopérative et suggère plutôt un Halloween qui assurerait un minimum de protection sociale à l’enfant qui ne pourrait pas, pour des raisons médicales seulement, passer l’Halloween.
"Une fois la collecte terminée, nous lui donnerions les bonbons qu’on ne veut pas et vous lui achèteriez des chocolats et des chips pour compléter. "
Un Halloween social-démocrate.
3 commentaires:
J'aime l'idée du commun...
Le plus jeune qui a maintenant 3 ans 1/2 ne laissera peut-être papa et maman manger presque tout ses bonbons cette année.
Alors qu'une mise en commun... nous permettrait peut-être d'en manger plus??? Mon chum sélectionne aussi quelle boîte on ouvre en premier et quelle boîte on espère ne pas ouvrir pour en garder mais cela ne marche jamais.
J'ai adoré ton texte! Bien écrit :)
Chez nous la collecte de cette année a été commune avec 4 cousins/cousines. Et le partage a été décrété inégal par mes fils qui d'habitude se partagent sans problème les sucreries récoltées, chacun choisissant se qu'il préfère...
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