Le monde des affaires l’a compris. Consommer des couches et des bébelles de maternité donne le pouvoir de changer bien des choses. Aux mamans les plus belles places de stationnement, la grande cabine d’essayage et la toilette adaptée dans les centres commerciaux! Du coin jeux chez le concessionnaire automobile au salon de coiffure pour enfants, presque tout a été revu et corrigé pour nous faire dépenser, nous, pauvres parents à mobilité réduite.
Or, si consommer des couches nous rend tout puissants dans les commerces, les changer nous déclasse sur le marché du travail. Ce qui est perçu comme un handicap chez le client est relégué au statut de vie personnelle chez l’employée. Prendre soin des enfants, d’un conjoint malade ou d’un parent vieillissant, les employeurs appellent ça avoir une vie personnelle. D’où la nouvelle expression à la mode « harmoniser le travail et la vie personnelle ».
Inversons les expressions et voyons qui dit vrai :
- Stationnement réservé aux personnes ayant une vie personnelle.
- Trois femmes handicapées nous dévoilent leurs trucs pour concilier handicap et travail.
- Salle de bain réservée aux femmes et à leur vie personnelle.
- Harmonisation personnes handicapées et marché du travail. La solution? Un coach de vie.
- Dix trucs infaillibles pour gagner du temps le matin avec votre handicap!
Et si les commerçants visaient juste? Si les parents étaient réellement handicapés? Leur intégration au marché du travail ne devrait-elle pas relever de la collectivité?
Toutes ces mères qui « réussissent » à harmoniser le travail et la vie personnelle, qui écrivent des livres et des blogues sur le sujet nous éloignent de l'action collective. Tels des phares qui brillent dans la nuit, elles veulent, par leur exemple, changer le monde un geste à la fois. Elles vantent les vertus du travail autonome ou les bienfaits de rester à la maison quelques années. Les plus performantes nous disent que le secret de l’harmonisation repose sur une mijoteuse ou des lunchs faits la veille. Mais tous ces aménagements individuels ne mènent finalement qu'à une seule chose: l'appauvrissement des femmes.
Je suis un mère et je veux plus qu'une place de stationnement dédiée à la pharmacie. Je veux avoir accès, ne serait-ce que temporairement, au travail à temps partiel, au télétravail et à des congés de maladies pour mes enfants. Parce qu'avoir un enfant, ce n'est pas qu'un handicap, c'est une richesse collective.
8 commentaires:
Madame Unetelle, j'aime ça quand tu écris. Ça n'arrive pas très souvent et je sais que c'est parce que tu as des petits handicaps. ;)
Dans l'esprit de ton billet, si tu veux rire (jaune?) tu peux lire le document du ministere de la famille sur la nouvelle norme Conciliation travail-famille. Un bijou de haute voltige fonctionnariale (si c'est un mot).
Je l'ai lu avec beaucoup d'espoir, puis jeté et décrété de conserver notre politique de "on est tous juste des humains bazwouelle!". C'est plus simple à gérer.
Ouf! Je suis trop lourdement handicapée pour lire ce truc! Mais dès que ma conciliation se portera mieux, j'irai lire ça bien, bien attentivement! ;0)
Tu vois, avec ma garde partagée, j'avais eu le temps de le lire. En dehors du travail. Quel luxe la monoparentalité quand même! ;)
Arrête, tu vas me rendre jalouse! ;0)
Je récupère quand même beaucoup de temps en travaillant de la maison. Je vais m'organiser pour y jeter un oeil attentif.
Le document semble déconstruire le concept de conciliation pour aller je ne sais où. Des heures de plaisirs en perspective...
J'ai arrêté de m'en faire avec la difficile (impossible?) conciliation travail-famille le jour où j'ai compris que deux choix s'offraient à moi:
- Développer un cancer en stressant quotidiennement pour arriver dans mon temps, dans mes dossiers (i.e. trouver un job de 9 à 5)
- Développer un cancer en stressant quotidiennement pour arriver financièrement (i.e. continuer de travailler à mon compte)
Si la tendance se maintient, je vais mourir du second.
Tu ne vas pas mourir, Martine. On va écrire un livre -tu sais à quel point ça rapporte-- sur tous les p'tits trucs qui rendent notre vie si harmonieuse:
- Commencer ses semis pendant les vacances de Noël.
- Coucher les enfants tout habillés.
- Faire nous-mêmes leurs devoirs.
- Un bain collectif hebdomadaire. Parents exclus.
J'en oublie?
Ha ha, se rendre riche en écrivant un livre... been there, done that... never got the t-shirt ;-)
Oui, tu en oublies que tu as toi-même inventés:
- Distancier les naissance pour économiser sur les gardiennes ;-)
De grands questionnements ici!
Je n'irais pas jusqu'au handicap, mais il faut une part d'adaptation certaine pour s'adapter à notre nouvelle condition ;-)
Je potine!
http://www.la-mere-est-calme.com/2011/04/quand-dimanche-rime-avec-potinage_25.html
(en ligne dimanche!)
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