Pour célébrer la semaine de l’enseignement, Louis-Simon Ferland, papa et blogueur pour Yoopa, a fait son enquête et nous livre 25 choses que les profs rêvent de nous dire. Voici mes réponses.
1. Nous sommes des partenaires, pas des adversaires. On travaille pour le même objectif : le bien de votre enfant. Alors si je vous donne un conseil pour aider son apprentissage, ne le prenez pas comme un affront.
Nous sommes des partenaires, pas des adversaires. Ne nous rencontrez pas avec l’idée préconçue que nous ne comprenons rien à rien. Si je vous donne mon opinion, ne le prenez pas comme un affront.
2. On voit votre enfant sous un autre éclairage que vous. Et oui parfois, ça peut vous surprendre.
On voit notre enfant sous un autre éclairage que vous. Et oui, il faut nous croire quand on vous dit qu’il n’est pas comme ça à la maison.
3. Les devoirs et les leçons, ce n’est pas une vague suggestion pour passer le temps. Ça nous aiderait d’avoir votre support là-dessus.
Ce n’est pas toujours facile de trouver le juste équilibre entre l’appui et l’autonomie de notre enfant. Ça nous aiderait d’avoir votre soutien là-dessus, même si notre enfant ne vit aucune difficulté d’apprentissage majeure.
4. Ça arrive qu’un enfant raconte un mensonge pour se sortir du trouble. Oui, même votre enfant si parfait.
On le sait que notre enfant est imparfait. Mais que voulez-vous, il n’y a que nous qui pouvons dire du mal des gens que nous aimons. C’est comme ça. Si notre petit amour ment, dites-le avec des fleurs.
5. Non, je n’arrive pas à l’école en même temps que l’autobus. Et je n’arrête pas de travailler quand la cloche sonne le soir.
On ne vous voit jamais. On ne fait pas de bénévolat à l'école, on ne siège pas sur le C.E. et notre enfant va bien. On aimerait vous croiser à l'occasion, juste pour vous dire un petit bonjour et être capable de vous reconnaître dans une foule. Mais quand la cloche sonne, on ne vous voit plus.
6. Les bonnes manières d’un enfant sont souvent le reflet de celles de leurs parents. Les mauvaises aussi.
Faux. Il faut avoir plusieurs enfants pour réaliser qu'un même "set" de parents peut faire des enfants polis ET impolis.
7. Votre enfant est peut-être le centre de votre univers. Mais nous, nous partageons notre univers en 25, 30, 40 ou plus.
Notre enfant n'est pas le centre de notre univers. On travaille, on a des amis et parfois même d’autres enfants qui vivent des difficultés. Quand on oublie de signer un papier, c’est que nous vivons dans un univers partagé.
8. Pendant que vous vous inquiétez de la quantité de devoirs de vos enfants, moi je dois me soucier de troubles d’apprentissage, de déficit d’attention, d’intimidation, de pression sociale, du programme du ministère, de l’harmonie du groupe et de problèmes autrement plus complexes.
Vous en avez trop, on le sait. Si on ose vous déranger, c'est qu'à nos yeux c'est important. On comprend tellement votre débordement, que nous sommes de plus en plus nombreux à quitter le système public, à regret. Si la tendance se maintient, il n'y aura plus de parents pour s'inquiéter de peccadilles. Sans rancune.
9. Au lieu de trouver des excuses à votre enfant, trouvez donc des solutions. Votre réflexe de défense est normal, mais pas toujours constructif.
Quand on cherche des solutions, on nous dit que la situation n’est pas si dramatique. On a parfois cette impression d'avoir toujours tout faux.
10. Faites attention à ce que vous dites devant eux. Vous n’imaginez pas à quel point vos enfants peuvent en entendre (et en raconter), des choses. Votre belle-sœur ingrate, votre auto neuve et votre vasectomie sont souvent les vedettes en classe, à la discussion du lundi.
Tant mieux si notre enfant met du piquant dans vos causeries en classe. Je n’ai aucun problème avec ça.
11. Laissez faire les bibelots et les tasses en cadeau. Votre soutien et votre reconnaissance seront mon vrai cadeau. Si vous y tenez absolument, mettez-vous donc ensemble pour en acheter UN utile, pas 30 inutiles.
Vous nous faites plaisir. Mais la vérité est que ce n’est pas pour vous le cadeau, c’est pour notre enfant. Il aurait tellement de peine de n’avoir rien à vous offrir, comme les autres. Nous allons donc continuer à vous acheter une cochonnerie pour lui faire plaisir.
12. On aime les tempêtes de neige et les week-ends de trois jours autant que votre enfant.
Pas nous. Nos patrons acceptent rarement nos absences lors des tempêtes et notre réseau de gardiennes est souvent inexistant.
13. Les élèves dont on se souvient longtemps sont ceux qui sont enjoués, respectueux et généreux. Pas nécessairement ceux qui ont les meilleures notes.
Les enseignants de nos enfants dont on se souvient le plus sont ceux qui sont enjoués, respectueux et généreux. Pas nécessairement ceux qui écrivent sans faute, qui donnent de bonnes notes ou qui sont cultivés.
14. Nous sommes des éducateurs, pas des nounous. Pour la pédagogie, vous pouvez nous faire confiance.
Nous sommes des parents, pas des intervenants. La pédagogie, on n’en a rien à cirer.
15. Je ne vous dis pas comment faire votre métier. Évitez donc de me dire comment faire le mien.
Difficile de ne pas encercler vos fautes devant nos enfants. On ne le fait pas. Par respect. Ne nous remerciez pas.
16. Encouragez votre enfant à lire. C’est la clé du succès.
Lisez davantage et intéressez-vous à la littérature jeunesse. C’est aussi la clé du succès.
17. Si on avait voulu être riches, on aurait choisi un autre métier. Enseigner, c’est une vocation. (Et au secondaire, c’est parfois une mission divine)
On s’incline bien bas. Bravo!
18. Nous avons les mains liées. L’autorité se perd. Le respect aussi. C’est pourquoi votre appui n’a jamais été aussi important que maintenant.
Le parent-roi est là pour de bon. Il faudra trouver des solutions, pour le bien de tous. Triste réalité.
19. Je ne suis pas un conseiller matrimonial. Vos accusations « Mère contre Père » et vice versa ne mènent nulle part.
On ne pourrait pas étendre le mandat des psychologues scolaires aux parents? Aider le parent, c’est aider l’enfant, non?
20. Une mauvaise note devrait devenir une très bonne motivation.
L’échec ne motive pas tout le monde. Il en décourage plusieurs, c’est comme ça. Une autre réalité avec laquelle il vous faut composer.
21. Parfois, un compliment est apprécié. Un projet accrocheur, un intérêt accru de l’enfant, une amélioration notable des résultats… Quand vous le remarquez, ça fait du bien à tous.
Pour vous complimenter, il faudrait se voir. J’ai toute une liste de compliments qui attend.
22. On peut apprendre à votre enfant beaucoup de notions très importantes. Mais rien ne vaut l’application dans la vraie vie. Les fractions en cuisinant, la physique au parc, les multiplications à l’épicerie, la grammaire en écrivant une carte, l’histoire, la géographie, la science… On apprend partout, pas seulement dans une classe.
Pour apprendre des choses à nos enfants, il faut soi-même être curieux. Ce n’est pas donné à tous, on n’y peut rien.
23. Valorisez l’apprentissage et l’effort plutôt que le simple résultat. Nous sommes les premiers à le dire: les notes ne sont pas tout. Les enfants ne partent pas du même niveau, comment pourraient-ils tous arriver au même résultat?
Notre société ne valorise ni l’apprentissage, ni les notes, ni les efforts. Aujourd'hui, tout est relatif. Je croyais justement que c'était la faute au système d'éducation. Curieux, non?
24. Soyez présent pour votre enfant. Mais évitez de devenir un parent hélicoptère. Quand vous survolez son ombre pour dégager son chemin de toutes les difficultés, vous l’empêchez de réaliser de précieux apprentissages. Laissez un peu de corde.
Quand les enfants vont mal, c'est souvent qu'il y un parent en détresse derrière. Malgré toutes vos bonnes intentions, vous ne pourrez pas guérir les parents de tous leurs maux. Votre mandat a ses limites.
25. Il y a des jours où le sourire de votre enfant m’empêche de tout quitter.
Dans chaque métier, il y a ce petit quelque chose qui fait qu’on continue.
Merci d’être là pour mon enfant et de faire de votre mieux.
